Photo: Flavien PRIOREAU
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Junior Empire

Un beat métallique, une voix fiévreuse, une guitare vindicative : bienvenue dans « West Coast », l’ouverture du premier album de Junior Empire. Un tube évident, mais qui n’oublie pas d’être exigeant. Et qui raconte à quel point rencontrer l’être aimé peut s’avérer lent et douloureux… Une des histoires que l’on vit tous lorsqu’on a la vingtaine et la vie devant soi.

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Junior Empire

Un beat métallique, une voix fiévreuse, une guitare vindicative : bienvenue dans « West Coast », l’ouverture du premier album de Junior Empire. Un tube évident, mais qui n’oublie pas d’être exigeant. Et qui raconte à quel point rencontrer l’être aimé peut s’avérer lent et douloureux… Une des histoires que l’on vit tous lorsqu’on a la vingtaine et la vie devant soi.

 

Ce qui est le cas des membres de Junior Empire. « Notre nom devait être fort et clair, explique le chanteur Jack Balfour Scott. Si l’on parvient à rester un peu enfant, à garder cette force et cette inconscience, on peut embrasser le monde avec une spontanéité que l’on perd trop vite aujourd’hui. » De la spontanéité, Junior Empire n’en manque pas. Ni d’une part d’inconscience ! C’est d’ailleurs suite à des soirées de beuveries dans le quartier londonien de Camden que Jack échoue régulièrement au petit matin sur le canapé de Joey Arnold Zapata, le futur claviériste du groupe. Coup de foudre amical. Jack aime chanter, Joey écrit des chansons depuis ses 13 ans, l’âge où il achète sa première guitare et « et son premier jean skinny ». Polyglotte (il parle d’ailleurs le français couramment), Joey tombe amoureux d’une Australienne et la suit lorsqu’elle retourne au bercail. Fraîchement viré d’un de ses petits boulots, Jack décide de le suivre.

 

En revenant à Londres, un an plus tard, ils sont décidés : ils doivent monter leur propre groupe. Dont acte. Ils demandent au batteur Jordan Grispino, copain de lycée de Jack, lui aussi venu à Londres pour « tout casser », de les rejoindre. Puis recrutent un guitariste brésilien, Diego Belmonte, et la violoniste Hannah van den Brul, repérée par le frère de Joey qui l’avait vu jouer au théâtre. Voici l’équipe au complet, soudée autour du charisme dévorant de Jack. Celui-ci a toujours voulu tâter du micro : « J’aime ça. Enfant, je regardais Mick Jagger, Peter Doherty et Julian Casablancas avec une vraie fascination. Coup de chance, j’ai réalisé que ça me faisait vraiment du bien. » Œil de braise et attitude désinvolte, Jack s’inscrit en effet, et avec un naturel assez déconcertant, dans la lignée des rockeurs britanniques.

 

Côté influences, le groupe va piocher sur les terres britanniques, de Jamie T aux Maccabees en passant par Bombay Bicycle Club. Mais il est aussi très inspiré par ce que le pop-rock américain offre de plus enthousiasmant, tels MGMT et The Killers. Ces références nourrissent un rock ultra pop et volontiers synthétique, qui, très vite, a fait ses preuves en live. Après quelques mois à jouer dans les bars, le groupe laisse de côté son premier nom, The Mispers. Et choisit celui de Junior Empire avant de se produire dans des salles plus conséquentes, remplies à ras bord d’un public sur ressorts. Pas de redite psychédélique au programme, juste une power pop sous influence rock. Car, tous autant qu’ils sont, les membres de Junior Empire aiment toujours autant faire la fête. Et ça s’entend.

 

Premier album résonnant d’une énergie contagieuse, Junior Empire a été enregistré à Los Angeles par les bons soins de Mark Rankin, qui a réalisé des disques dont est féru le groupe, ceux de Bloc Party, Eagles of Death Metal, Florence & The Machine ou encore The Big Pink. Si notre cœur balance à l’écoute de cette ribambelle de hits nés, on s’attarde sur la pop addictive de « Decide », « où tout est question d’instinct, ce qui nous porte par delà les obstacles » ou sur le rock sexy de « Let Me Love You », qui évoque aussi bien la flamme d’une ancienne passion que les relations fusionnelles de Jack et Joey avec leurs fans. Avec ses accents eighties et ses cordes cold wave, « Danger », lui, raconte la fatalité de l’attirance physique, tandis qu’« I Know » assume pleinement son intérêt pour les sonorités électroniques du dance-floor.

 

La grande force de Junior Empire se ressent avant tout dans son amour immodéré de la scène. « On aime Londres, commente Jack, mais il n’y a pas de meilleur ressenti au monde que de se réveiller dans une ville étrangère, à chanter devant un public inconnu, et créer, avec les gens que tu aimes, un univers musical dans lequel de plus en plus de personnes pourront se retrouver ». Avec ses tubes ébouriffants, nul doute que ce groupe singulier va étendre son empire juvénile et sexy en diable bien au delà ses frontières anglaises. 

real: attitude & C.Sauvage